07.03.2008

Millenium- la trilogie

d13091e6804e8c2e9fa8f7ace6f7f2a8.jpg
8aa2f41203b568cf75b42b610c5cd6a5.jpg
Cette trilogie est une tuerie, message à tous ceux qui aiment les polars: oubliez tout ce que vous avez lu jusque la et plongez vous dans le monde de Mikael Blomkvist et Lisbeth Salander...deux personnages atypiques, compliqués et en même temps si humains qui vous embarquent dans des aventures haletantes, extrêmement bien ficelées et d'un réalisme rare! En effet, d'une plume acerbe, propre aux journalistes d'investigation, STIEG LARSSON nous raconte tout un pan de l'histoire du 20ème siècle, de la mondialisation au fascisme en passant par le grand banditisme, le féminisme,...tout cela enrobé dans un emballage simple, d'une minutie incroyable qui se laisse lire tout seul.

Je ne vais pas vous en dire plus histoire de ne pas dévoiler le suspens. Je vais juste rajouter qu'il s'agit des seuls livres de l'auteur, décédé d'une crise cardiaque après avoir déposé ses manuscrits chez l'éditeur. Il n'y aura donc pas de suite et c'est vraiment dommage parce qu'on est juste passés à côté d'un immense écrivain!

Bonne lecture!

17.12.2006

La fascination du pire

medium_zeller.jpgSi je n'aime pas du tout Houllebeq, je lui accorde au moins le fait qu'il écrive extrêmement bien...ce qui n'est pas du tout le cas de son nouveau "successeur"...un certain Florian zeller.

A force de le voir sur tous les médias et d'avoir entendu parler parler de lui (prix littéraire, prof à Sciences-Po à 25 ans, éloges,...), j'ai décidé de lire "La fascination du pire".

L'histoire se passe en Egypte ou deux ecrivains sont invités pour une conférence litteraire...pendant toute la duree de cette conference, les deux protagonistes chercheront à faire des rencontres jusqu'à ce qu'ils découvrent qu'il n'est pas possible d'avoir du plaisir charnel en Egypte! En effet, en pleine recrudescence de l'islam conservateur, les femmes sont voilées, cachées. Cette déconfiture va entraîner les deux écrivains dans des escapades de plus en plus bizarres, persuadés que l'islam n'a pas complètement régulé la vie sociale et sexuelle, que le sexe est là même s'il est dissimulé.

Si le but était de faire réfléchir les lecteurs sur la montée de l'extrêmisme, et bien c'est raté...tres mal écrit, ce livre n'a reussi qu'a me laisser un arriere gout d'inachevé. Anachronismes, clichés, phrases toutes faites, tout y passe. L'auteur va jusqu'à lancer des affirmations comme "l'Egypte est un pays tellement prude que Mme Bovary y est interdit". Connait-il seulement un millieme de millieme sur la culture et la litterature egyptienne? a-t-il seulement lu Naguib Mahfouz, Jabrane Khalil Jabrane ou Taha Houssein ou alors regardé les films de Youssouf Chahine?

Je suis d'autant plus déçue que je suis partie avec un a priori tres positif!

19.09.2006

Feodor Mikhailovich Dostoïevski

Pour moi, Dostoïevski est tellement au-dessus du reste de la littérature que c'en est presque ridicule. Personne d'autre n'a atteint une telle puissance. Personne d'autre ne communique aussi directement avec le plus profond de mon âme. Ou plus exactement, personne ne cumule à la fois une telle puissance et une telle profondeur. Tout le reste de la littérature (de la fiction, plus précisément) est largement en dessous (sauf peut-être Les Milles et Une Nuits, dans un genre différent). Parmi les peintres, je serais bien en peine d'établir un tel « classement ». Gauguin m'émeut profondément, mais je ne peux pas dire sérieusement que je le trouve supérieur à Van Gogh ou Vermeer ou Goya, ça n'aurait aucun sens. En musique, l'idée d'établir une comparaison entre Bach, Mozart, Beethoven et Schubert (par exemple) me fait sourire. Comment se fait-il qu'en littérature, Dostoïevski soit si largement au dessus ? L'explication est peut-être que le roman « psychologique » a atteint son apogée en Russie à la fin du XIXeme siècle (car reconnaissons-le : même si Dostoïevski est au-dessus, quelle autre époque peut aligner également Tolstoï et Gogol ?), et depuis, le roman est parti sur une autre voie. Ou plutôt cherche une autre voie.

Ce qui est incroyable, chez Dostoïevski, c'est l'extraordinaire qualité de son oeuvre, de bout en bout. Des plus petites choses aux plus imposantes, des premiers récits aux derniers. Imaginez que Le Double a été écrit par un tout jeune homme (24 ans), un débutant ! C'est sidérant. Il y a bien sûr des faiblesses dans son oeuvre, lorsque le scénario, l'histoire, ne se tient pas assez : je pense à Humiliés et Offensés, l'Idiot, L'Adolescent, Les nuits blanches par exemple. Si l'histoire est moins resserée, moins prenante, ça ne veut pas dire pour autant que la lecture est décevante : plus difficile, plus laborieuse, mais pleine des joyaux formidables : le dialogue entre l'Adolescent et son père, à la fin du livre, avec cette méditation, profonde et drôle a la fois, sur le destin de l'Europe. L'adolescence de l'Idiot, et son amitié avec les enfants. Le personnage de la générale, toujours dans L'Idiot. Et la fin, admirable. Le personnage du prince Valkovski dans Humiliés et Offensés. Et puis même si on enlève le moins bon, il reste un nombre impressionnant de chef-d'oeuvres. Et tout ça, sans sortir de la Russie du XIXeme.

Étonnant aussi, c'est son insouciance de la forme. Mis à part peut-être Crime et Châtiment, aucune de ses oeuvres n'a de véritable forme. Ça coule, ça part dans beaucoup de directions, les épisodes s'enchaînent sans véritable lien. Pour dire cela autrement, on pourrait généralement intervertir deux parties du récit sans que cela choque. Ce serait évidemment impossible dans Madame Bovary de Flaubert ou dans Le bal du Comte d'Orgel de Radiguet. Dostoïevski, je pense, écrivait rapidement, sans vraiment se relire, même si en général il suivait un plan prévu à l'avance. Finalement j'ai l'impression que toute une partie de la tradition romanesque repose sur le mépris de la forme (Don Quichotte en premier lieu). Ou, sinon le mépris, tout au moins une certaine indifférence.

Dostoïevski est un maître incontestable du dialogue. Bien avant Gaddis et Sarraute, il met dans ses dialogues des détails qui les rendent époustouflants de vérité : des frémissements, des hésitations, des coq-à-l'âne, des apartés, des lapsus... En ce qui concerne les réflexions philosophiques qui parsèment (certains diraient alourdissent) son oeuvre, il faut noter qu'elles se trouvent toujours dans des dialogues. Dostoïevski n'est jamais didactique (sauf pour des petites choses anodines). Il ne prend jamais parti directement. Dostoïevski, en fait, est pétri de contradictions, et c'est précisément pour cela, sans doute, qu'il a choisi le roman pour s'exprimer.

A l'exact opposé des longs dialogues, Dostoïevski excelle aussi dans les scènes narratives totalement muettes : la scène du crime dans Crime et Châtiment, les déambulations de Goliadkine dans Le double, celles de Veltchaninov dans L'Eternel Mari... Sans parler de la Confession de Stavroguine (chapitre (auto-)censuré des Démons) : Stavroguine attend que la jeune fille dont il vient d'abuser se suicide, absorbé dans la contemplation d'une araignée rouge sur une feuille de géranium... Description d'un souvenir resté horriblement présent, précis dans ses détails les plus absurdes, les plus triviaux.

Dostoïevski peut presque tout écrire. Comme Mozart, il arrive à mélanger les registres : tragique et comique, tendresse et cruauté, bouffonnerie et méditation, et ainsi de suite. A la fin des Démons, on voit Stépane Trophimovitch battre la campagne pour prêcher sur les marchés. Il est malade, il délire, il parle français à tout bout de champ, il est totalement ridicule. On sent l'immense détresse de cet homme dont les convictions ont été pulvérisées par les derniers événements. On le sent jeter tout son être dans la religion, tout ce qui reste de lui se jette dans la religion. On sent cette détresse, et en même temps on sent une curieuse allégresse, comme si sa foi nouvelle lui paraissait simple, légère, amusante. Ridicule, détresse, allégresse, en même temps !...
medium_dostoievski.jpg
Dostoïevski et la religion. On peut dire beaucoup de choses sur ce sujet, beaucoup de conneries aussi. Le sujet s'y prête : Dostoïevski n'a-t-il pas dit quelque chose comme : « Si on me prouvait que la vérité est en dehors du Christ, je préférerais rester dans l'erreur avec le Christ que dans la vérité en dehors de Lui » ? Pour un athée comme moi, la foi de Dostoïevski paraît peu naturelle. On a l'impression qu'il voudrait se convaincre lui-même de sa foi. Souvent chez Dostoïevski, un personnage incarne un certain idéal chrétien : le staretz Zossima, le prince Mychkine, etc. Enfin, il y a la croisade de Stépane Trophimovitch dont j'ai parlé précédemment, à la fin des Démons. Je note qu'à chaque fois, cet idéal chrétien est tout sauf parfait : folie pour le prince Mychkine et Stépane Trophimovitch, ridicule, superstition pour Makarov, laideur pour Mychkine et Makarov. Même le staretz Zossima, une fois mort, pourrit beaucoup trop vite : image qui évoque irrésistiblement, a contrario, celle de Lazare resuscité. Pourquoi ces figures de l'idéal chrétien sont-elles stoujours imparfaites ?

On peut y voir plusieurs raisons. Soit on considère que Dostoïevski a réellement voulu faire une image « moderne » du Christ, soit on considère que ces défauts sont justement là pour nous montrer la différence entre un simple mortel et le vrai Christ qui, lui, serait parfait. Dans le premier cas (le plus probable), Dostoïevski veut sans doute montrer que le Christ n'a pas besoin d'être parfait pour qu'on le suive. La perfection du Christ, comme me le fait remarquer un internaute1, n'est pas une perfection « matérielle », elle est d'un autre ordre. On peut même penser que ces disciples du Christ seront d'autant plus susceptibles d'être entendus et compris qu'ils n'inspirent pas l'envie et la jalousie. Cette explication est assez probable, mais elle n'est pas totalement convaincante : Dostoïevski pouvait très bien faire des personnages « humains », avec des petits défauts pardonables. Avait-il besoin de les rendre plus ou moins ridicules ? Ce rappochement entre la sainteté et le grotesque est l'un des aspects les plus troublants de Dostoïevski, mais aussi de Kafka. L'artiste de la faim, par exemple, semble tout droit sorti de l'oeuvre de Dostoïevski.

Dans l'oeuvre de Dostoïevski, on rencontre deux utopies. L'une est celle décrite dans l'Adolescent par le prince : une utopie athée, occidentale, rationaliste, héritée des Lumières. L'autre est chrétienne, russe, rurale. C'est un monde peuplé de braves gens, de Makarov et de Zossima, et de princes Mychkine. Or il me semble que malgré ses discours, Dostoïevski ne croit pas plus à l'avénement de la seconde utopie que de la première. Bien plus, il n'a pas l'air tout à fait convaincu que la seconde soit préférable à la première. C'est comme s'il y avait chez lui un conflit entre la foi et le sens esthétique : la première utopie, malgré tout, lui parait plus « jolie ».

Un livre très utile, pour comprendre Dostoïevski, c'est Vérité Romanesque et Mensonge Romantique de René Girard. L'idée centrale de Girard est que l'individu n'est pas à l'origine de son propre désir, et qu'il désire toujours par imitation. Ça se passe en trois temps : d'abord on admire celui qu'il appelle un médiateur : ça peut être papa, un maître, un patron, un personnage important, mais aussi un frère, un ami. Ensuite on cherche à imiter le médiateur, et on se met à convoiter ce qu'il possède ou ce qu'il désire : sa femme, son métier, ses vêtements. Troisième temps : le conflit avec le médiateur. Je résume bien entendu très grossièrement. Girard montre comment on peut utiliser ce schéma pour lire Dostoïevski. Il le fait notamment pour Les Démons, et pour L'Éternel Mari. C'est tout à fait saisissant : on se dit que toute une partie de la magie de Dostoïevski devient claire. Girard ne commente pas Le Double, peut-être parce que là c'est tellement évident qu'il n'y a rien à expliquer.

Une autre ressource importante, c'est le texte de Nathalie Sarraute De Dostoïevski à Kafka, qu'on peut trouver dans l'excellent recueil L'ère du soupçon. Elle analyse notamment Le Manuscrit du Souterrain, nouvelle que l'on qualifie souvent de « texte essentiel du XIXeme siècle ». Aussi, elle liquide le reproche que l'on fait habituellement à Dostoïevski, à savoir que la psychologie de ses personnages est outrée et incohérente. (Soit dit en passant, c'est comme reprocher à Picasso de ne pas peindre les visages de façon réaliste..) Toujours sur Le manuscrit du souterrain, on trouve une bonne analyse de Tzvetan Todorov dans son recueil de textes Poétique de la Prose.

J'aurais aimé avoir écrit ce texte qui reflète exactement ce que je pense de Dostoievski...mais non, il s'agit d'un texte signé S.C que j'ai lu sur internet, que j'ai trouvé magnifique et que je voulais vous faire lire...voilà

31.08.2006

VOYAGE AUX PAYS DU COTON- Erik Orsenna

medium_coton.jpg Erik Orsenna n'a pas oublié sa formation d'économiste. Mais, lorsqu'il veut illustrer les aspects bénéfiques et maléfiques de la mondialisation, loin de s'enfermer dans les bibliothèques et de nous assommer de statistiques, il parcourt le monde. Thème du voyage, le coton, un textile millénaire qui représente 40% de la production mondiale, une matière première comme le pétrole, le fer ou le cuivre: «Chaque matière première est un univers avec sa mythologie, sa langue, ses villes, ses habitants.» Pour nous en parler, Orsenna se rend au Mali, aux Etats-Unis, au Brésil, en Extrême-Orient, en Egypte, partout où la fibre prospère, se transforme, se tisse. Avec la liberté d'esprit, la curiosité et l'humour qui concourent au charme de cet écrivain, il enquête, rencontre les uns et les autres. A Washington, il conseille de s'asseoir sur un banc, face à l'entrée de la Banque mondiale, «la plus sévère des écoles de la modernité». Il est cruel pour le banquier mondial et «sa passion d'avoir raison en tout, toujours et partout».
Comment les Maliens, dont la culture du coton repose sur des sortes de coopératives à base familiale, résisteront-ils à ceux qui prônent la privatisation? Comment se protégeront-ils contre les prix imposés par les cultivateurs du Texas avec leurs exploitations de plusieurs milliers d'hectares archimécanisées, irriguées par les subventions distribuées par le Congrès grâce à un puissant lobbying? Au Mato Grosso, les immenses champs de coton font chaque année reculer la forêt amazonienne. Le paysan ouzbek vit sous la contrainte d'un régime dictatorial. Mais c'est en Chine que prospère la plus inquiétante illustration de la mondialisation. A Datang, au sud de Shanghai, douze à treize mille entreprises familiales, aidées par les crédits encouragés par l'Etat, tissent, repassent, exportent des chaussettes. Horaires: douze heures par jour, sept jours sur sept. Salaire: cent euros par mois, nourri et logé (en dortoir). Les chiffres de la production donnent le vertige: des milliards chaque année, «jusqu'à douter que l'humanité ait assez de pieds pour enfiler autant de chaussettes». Le voyage s'achève dans les vallées des Vosges, en interrogeant les patrons des entreprises textiles qui s'efforcent de survivre. Pour combien de temps? Le voyage d'Erik Orsenna est riche d'enseignements. Ce livre est passionnant. Il est surtout terrifiant.

Source "Lire"

Extraits
Ici un producteur de coton en Afrique :

"Le coton fait vivre, directement, près du tiers de notre population : trois millions et demi d'hommes et de femmes ! Et peut-être quinze millions supplémentaires chez nos voisins ! Comment voulez-vous que nous renoncions au coton ? C'est vrai, j'ai accepté de garanir aux paysans un prix supérieur au cours mondial. Comment pouvais-je faire autrement ? Ils se soulevaient ! C'est ça la volonté de la Banque mondiale : une zone d'instabilité dans le sud de notre pays, aux frontières même de la Côte d'Ivoire d'où ne cessent d'arriver des réfugiés ? Comment voulez-vous que je les nourrisse ? Et mes trois millions et demi s'ils n'ont plus à manger ils viendront d'abord en ville. Et ensuite, direction la France, par tous les moyens : ils s'accrocheront même au train d'atterrissage des avions. C'est ça que vous voulez ?"

Ici, un producteur de coton en Amérique :
"- La première force, le véritable socle de l'Amérique, c'est la famille.Et le coton est l'une des familles américaines les plus soudées. Personne ne pourra nous diviser.
Notre ami est déterminé.
- Ceux qui attaquent le coton américain trouveront à qui parler.
Notre ami à ses idées sur la géopolitique.
- La plainte contre nous à l'Organisation Mondiale du Commerce ? Vous savez par qui elle a été déposée ? Le Brésil et les pays africains. Vous ne trouvez pas cette alliance un peu bizarre ? Superficie moyenne des fermes au Brésil : plusieurs milliers d'hectares. En Afrique : quatre ou cinq.
Notre ami est libéral.
- Nous croyons à la vérité et à la justice du marché.
nous abolirons de bon coeur nos subventions quand le reste du monde, à commencer par les Européens, abolira les siennes. Et n'oubliez pas d'aller enquêter aussi en Chine. Les asiatiques sont les rois des aides déguisées.
Notre ami est fier de son pays."

Ici, sur les insecticides :
C'est à ce prix, de plus en plus élevé pour les finances et pour l'environnement, que les agriculteurs américains continuent de produire du coton. D'année en année, l'industrie chimique trouve de nouvelles armes. Faisons confiance aux Etats-Unis : il savent mobiliser leurs énergies, surtout quand un marché hautement profitable s'anonce. Ils se veulent "une nation de solutions, pas une nation de problèmes".
1976.
L'entreprise Monsanto lance sur le marché un herbicide qui tout de suite fait fureur. Les techniciens l'appellent glyphosate, les autres Round Up (systématiquement utilisé dans les epaces verts de nos villes). Son large spectre ne laisse aucune chance aux végétations inopportunes. Sept ans plus tard, le jeune Rob Horsh, l'un des biochimistes de Monsanto, annonce qu'il vient de modifier génétiquement un pétunia... Ce n'est pas à ce pauvre pétunia que l'on s'intéresse mais aux perspectives commerciales immenses qui s'annoncent.
Comment ça marche ? Le Round Up détruit les enzymes de la plantes chargées de produire les acides aminés. Bref, on rend résistant le gène de cet enzyme au Round Up, puis on l'insère dans le cotonnier.
Voilà un arbre qui résistera au Round Up.
Monsanto vient d'inventer un double-filon : vendre à la fois l'herbicide et la semence de la plante qui résiste à l'herbicide.
On va plus loin dans la guerilla aux insectes : Bacillus thuringiensis tue les larves en leur perçant la paroi intestinale... mmmmm... et bha on l'insère également au cotonnier ! (le gène du Bacillus).

A la question :
"Est-il vrai que les paysans s'engagent à n'utiliser qu'une seule fois les semences génétiquement modifiées ? Ceux qui replantent les graines issues de la récolte, confirmez-vous qu'ils sont sévèrement condamnés par les tribunaux ?
- Vous ne rémunérez pas le travail en Europe ? Qui a investi des millions de dollars dans les recherches nécessaires pour créer ces semences ?
- Mais une fois entré dans l'engrenage, le paysan ne peut plus s'en sortir !
- Libre à lui de revenir au Moyen-Age et de se ruiner en desherbants et en insecticides !"
Et pourtant celui qui répond ça est un chercheur, un ex baba a la barbe trop longue qui a inventé comment repérer les mines antipersonnel : il a inséré le gène de la méduse, celui qui la rend phosphorescente à des graminées, balancées par avions (les graminées, pas les méduses mdrr), une fois qu'elles ont poussé, elles réagissent aux mines et deviennent phosphorescentes. Ces types sont des génies... employés par Monsanto, dommage, vraiment dommage.

07.06.2006

Le monde de Sophie

J’ai lu ce bouquin pour la première fois il y a une dizaine d’années et depuis, je ne l’ai jamais vraiment reposé. Tellement de questions et très peu réponses. Ce livre est un véritable chef d’œuvre. Présenté la fois comme un roman et comme un cours, on peut l’ouvrir à n’importe quel chapitre et ainsi se fondre dans l’univers de la philosophie. Un bonheur. Une invitation à la réflexion , un beau voyage en philosophie et un beau moyen de renouer avec ces philosophes qui nous ont subjugué à un moment ou à un autre de notre vie…je conseille à tous les parents de l’offrir à leur bambins s’ils veulent leur faire aimer la philo (mais pas avant 16 ans qd même !)
medium_mondesohpie.jpg

Résumé:

Tout commence le jour où Sophie Amundsen, une jeune fille de quinze ans, trouve dans sa boîte une lettre qui lui est adressée, et sur laquelle n'est inscrite qu'une seule phrase : « Qui es-tu ? ». Une seconde enveloppe lui parvient, et à l'intérieur un nouveau petit mot : « d'où vient le monde ? ». Expéditeur de ces lettres reste un mystère, mais les questions posées intriguent Sophie. C'est le début d'une étrange correspondance qui va plonger la jeune fille en quête de réponses dans une longue visite des principales figures de la philosophie...

Ce roman initiatique a conquis des millions de lecteurs à travers le monde. Sans doute parce que Le monde de Sophie ne donne pas de réponses pré-fabriquées mais parce qu'il pose des questions, de vraies questions.
Jostein Gaarder raconte l'histoire de la philosophie à travers le quotidien d'une adolescente de 14 ans. Cinq ans plus tard, " Le monde de Sophie " est une référence du genre dans les lycées et les librairies dans plus de vingt pays. C'est un livre à la fois historique, ludique, parfois loufoque, une sorte de voyage initiatique au court duquel, on parcourt la Norvège, la Grèce, l'Egypte, l'Italie, l'Angleterre et où se côtoient rationnel et irrationnel.

" Qu'est-ce qu'il y a de plus important dans la vie ? Tous les hommes ont évidemment besoin de nourriture. Et aussi d'amour et de tendresse. Mais il y a autre chose dont nous avons tous besoin : c'est de savoir qui nous sommes et pourquoi nous vivons. "

Source du résumé: bibliothèque virtuelle